Alors que cinq ressortissants éthiopiens ont été lâchement assassinés en une semaine, l’Afrique du Sud retient son souffle. Un collectif radical appelle à une grève générale ce lundi pour exiger l’expulsion massive des étrangers, plongeant le pays dans une tension pré-électorale explosive.
Une mobilisation radicale aux relents de haine
À l’initiative du groupe « Citoyens concernés et électeurs d’Afrique du Sud », un appel au blocage national a été lancé pour contraindre le gouvernement à expulser tous les étrangers, sans distinction de statut légal. Ce mouvement, qui gagne du terrain sur les réseaux sociaux, prétend agir pour « éviter une guerre civile ». Il exhorte à la fermeture des écoles, des commerces et des lieux de travail, tout en exigeant que les services publics cessent toute prestation aux non-nationaux.
Le migrant comme bouc émissaire politique
À six mois des élections locales, la question migratoire est devenue un instrument de conquête électorale. De nombreux observateurs, dont l’avocat Simba Chitando, dénoncent une dérive populiste où les politiciens attisent la haine pour masquer leurs propres échecs économiques. Les statistiques sont alarmantes : la méfiance envers les immigrés africains a bondi, passant de 62,6 % en 2021 à 73,1 % en 2025. Cette hostilité cible principalement les travailleurs du Zimbabwe, du Mozambique et de la RD Congo.
Une démocratie mise à l’épreuve
Face à cette montée des périls, des voix s’élèvent pour dénoncer une dérive fasciste. Des militants des droits humains rappellent que pointer du doigt les étrangers ne résoudra pas les défaillances structurelles du pays. Alors que le souvenir des massacres xénophobes de 2008 hante encore les mémoires, cette nouvelle vague de violences et de rhétorique incendiaire menace de transformer la scène politique sud-africaine en un véritable brasier social.




