Le pouvoir militaire malien a vacillé, ce samedi 25 avril, sous le coup d’une opération militaire massive et simultanée. Pour la première fois, les djihadistes du Groupe de soutien à l’islam et des musulmans (GSIM) et les indépendantistes du Front de libération de l’Azawad (FLA) ont uni leurs forces pour frapper les centres névralgiques du pays, plongeant Bamako dans l’incertitude.
Un assaut multidimensionnel
L’offensive, lancée à l’aube, s’est distinguée par sa logistique impressionnante et sa coordination géographique. Plus d’un millier de combattants lourdement armés ont pris pour cible plusieurs villes stratégiques réparties sur l’ensemble du territoire : Au Nord à Kidal et Gao ; au Centre à Sévaré et au Sud, la capitale, Bamako, et la cité-garnison de Kati.Le choix de Kati est particulièrement symbolique : siège du camp Soundiata Keïta, elle constitue le cœur du pouvoir militaire et la résidence des principaux généraux de la transition.
Le silence des autorités
Alors que les affrontements faisaient rage, le silence du colonel Assimi Goïta a alimenté les spéculations sur une possible déstabilisation au sommet de l’État. Ce n’est qu’en fin de soirée que les Forces armées maliennes (FAMa), appuyées par leurs alliés russes, ont annoncé avoir repris le contrôle de la situation dans la capitale.
Un tournant dans le conflit
Cette attaque marque une rupture tactique majeure. Jamais auparavant les groupes terroristes et les rebelles touaregs n’avaient démontré une telle capacité de concertation sur des fronts distants de centaines de kilomètres. Cet événement met sous haute pression une junte qui a fait de la sécurité sa principale promesse de légitimité, révélant les fragilités d’un appareil d’État désormais directement menacé dans ses bastions les plus sûrs.




